RTAA DOM à la Réunion : l’essentiel pour bien construire

Dossiers

Vous faites construire une maison à La Réunion, ou vous voulez simplement comprendre ce que l’on attend d’un logement neuf sur l’île ? Vous allez forcément entendre parler de la RTAA DOM. Derrière ce sigle un peu barbare se cache une idée très simple : construire des logements adaptés au climat tropical, où l’on vit bien sans dépendre de la climatisation.

Ce guide vous explique, sans jargon, ce que contient cette réglementation et ce qu’elle change concrètement pour votre projet.

En bref

  • La RTAA DOM s’applique à tous les logements neufs : maisons individuelles, immeubles, logements privés ou sociaux, y compris aux extensions de maisons existantes.
  • Elle repose sur quatre grandes idées : se protéger du soleil, chauffer l’eau avec le soleil, limiter le bruit et laisser circuler l’air,.
  • Les règles dépendent de l’altitude de votre terrain : sous 400 m, entre 400 et 600 m, ou au-dessus de 600 m.
  • Elle est obligatoire, même pour un particulier. C’est le propriétaire qui en est responsable.

La RTAA DOM, c’est quoi ?

RTAA signifie Réglementation Thermique, Acoustique et Aération. « DOM » rappelle qu’elle a été écrite spécialement pour les départements d’outre-mer.

Pourquoi une réglementation à part ? Parce que les règles de métropole conduisent à des maisons lourdes, fermées et très étanches, pensées pour garder la chaleur en hiver. À La Réunion, le problème est inverse : il faut évacuer la chaleur. Les cases créoles traditionnelles le faisaient déjà très bien : la varangue fait de l’ombre aux murs et rafraîchit l’air avant qu’il entre ; l’air frais pénètre par le bas, et l’air chaud, qui monte, ressort par les petites ouvertures placées au-dessus des portes et des fenêtres (les impostes). La RTAA DOM reprend ce bon sens et le transforme en règles.

Elle comporte trois volets :

RTAA DOM - Guide pour bien construire à la Réunion
VoletObjectifEn pratique
ThermiqueAvoir frais sans climatisation et économiser l’énergieOuvertures pour ventiler, protection contre le soleil, chauffe-eau solaire
AcoustiqueNe pas être gêné par le bruit des voisins ou de la routeMurs épais entre logements, fenêtres éloignées, climatiseurs silencieux
AérationRenouveler l’air dans les pièces humidesFenêtre obligatoire dans la cuisine, fenêtre ou VMC dans la salle de bains et les WC

Qui est concerné, et depuis quand ?

Tous les logements neufs, ainsi que les parties nouvelles ajoutées à un logement existant (une extension, par exemple), dès lors qu’elles demandent un permis de construire ou une déclaration préalable.

Ce qui compte, c’est la date de dépôt de votre demande de permis :

  • demande déposée entre le 1er mai 2010 et le 30 juin 2016 : c’est la première version, dite « RTAA 2009 » ;
  • demande déposée à partir du 1er juillet 2016 : c’est la version actuelle, dite « RTAA 2016 ». C’est celle qui est décrite dans ce guide.

La RTAA DOM n’est pas une option. Même pour une maison individuelle, c’est le propriétaire, en tant que maître d’ouvrage, qui doit la respecter. L’architecte, le maître d’œuvre et les entreprises l’aident à le faire.

Première question à se poser : à quelle altitude est votre terrain ?

À La Réunion, il fait plus frais dans les Hauts que sur le littoral. La réglementation en tient compte en découpant l’île en trois tranches d’altitude. C’est l’altitude de votre parcelle qui compte, pas celle du centre de votre commune.

Les 3 zones RTAA DOM à La Réunion
Altitude du terrainCe que ça change
Moins de 400 m (littoral et mi-pentes)Règles de ventilation les plus exigeantes
Entre 400 et 600 mRègles de ventilation un peu allégées
Plus de 600 m (les Hauts)Plus de règles de ventilation, mais une isolation exigée contre le froid

Attention : Un terrain proche d’un seuil (par exemple à 410 m) mérite une vérification précise de l’altitude, sur un plan de géomètre ou sur cartes.gouv.fr : quelques mètres peuvent changer les exigences.

Se protéger du soleil

Le soleil réunionnais chauffe d’abord le toit, puis les murs et les fenêtres. La RTAA DOM demande de limiter la chaleur qui entre par ces surfaces.

Le toit et les murs

C’est par le toit qu’entre l’essentiel de la chaleur : environ 70 %, selon le CAUE de La Réunion. La réglementation fixe une limite à la part de chaleur solaire qui traverse le toit et les murs des pièces de vie. Pas besoin de faire le calcul vous-même : retenez les trois leviers, à combiner.

  1. Faire de l’ombre : débord de toit, varangue, sur-toiture ventilée, bardage.
  2. Choisir des couleurs claires : une façade claire absorbe beaucoup moins de chaleur qu’une façade sombre. Attention, pour la réglementation, un gris clair compte comme une couleur « moyenne », pas comme une couleur claire.
  3. Isoler si les deux premiers leviers ne suffisent pas.

Solution simple pour un toit en tôle. Une tôle de couleur claire ou moyenne, avec 6 cm de laine minérale en dessous, respecte l’exigence sans calcul.

Une tôle claire renvoie une grande partie du soleil ; les tôles réfléchissantes posées au-dessus d’une lame d’air, très répandues à La Réunion, en renvoient encore davantage. Pour la RTAA, faites confirmer leur performance par le fabricant ou votre maître d’œuvre.

Et les murs ? Sur le littoral, isoler les murs n’est pas toujours la meilleure idée : selon un architecte réunionnais, l’isolant empêche la maison de se rafraîchir la nuit. Il vaut souvent mieux faire de l’ombre aux murs et choisir une couleur claire, ce que la réglementation permet. Dans les Hauts, c’est différent (voir la section « Vous construisez dans les Hauts ? »).

Les fenêtres

Les fenêtres doivent être protégées du soleil selon leur orientation. Les solutions courantes :

  • au nord et au sud : un débord de toit ou une casquette au-dessus de la fenêtre ;
  • à l’est et à l’ouest, où le soleil arrive de biais : des lames verticales ou un cadre avec des joues sur les côtés.

La protection doit être proche du haut de la fenêtre. Pour être prise en compte simplement, une casquette ne doit pas être plus haute au-dessus de la fenêtre que le dixième de sa profondeur : 5 cm au plus pour une casquette de 50 cm. Un grand débord de toit placé bien au-dessus des fenêtres protège le haut du mur, mais pas les vitres. On ajoute alors un bandeau vertical sous le débord, ou des stores extérieurs.

Deux protections solaires de fenêtre : un débord de toit contre le soleil haut, des lames verticales contre le soleil rasant

Des protections claires. Les casquettes, brise-soleil et menuiseries exposés au soleil gagnent à être de couleur claire. Un brise-soleil noir chauffe et transmet sa chaleur à la maison. Près des fenêtres, évitez aussi le béton et la tôle nue, qui stockent la chaleur et réchauffent l’air qui entre.

Trois pièges à éviter :

  • les arbres ne comptent pas. L’ombre de la végétation améliore le confort, mais elle n’est pas prise en compte par la réglementation ;
  • un volet plein ne compte pas comme protection, parce qu’une fois fermé il empêche l’air de passer ;
  • un film teinté sur les vitres ne remplace pas une protection : il assombrit la pièce, mais la chaleur reste.

Fenêtres de toit

Les fenêtres dans le plan du toit (« velux ») sont interdites, sauf au-dessus de 600 m d’altitude.

Chauffer l’eau avec le soleil

Tout logement neuf doit avoir un système d’eau chaude, et au moins la moitié des besoins en eau chaude de chaque logement doit être couverte par une énergie renouvelable. Depuis le 1er janvier 2025, ce n’est plus forcément le soleil : toute source de chaleur renouvelable est admise. Dans la pratique, le chauffe-eau solaire reste la solution la plus courante.

Quelle surface de capteurs solaires prévoir ? Une surface minimale suffit à prouver que la règle est respectée :

Surface du logementTerrain sous 600 mTerrain au-dessus de 600 m
Moins de 45 m²1 m²1,5 m²
De 45 à 70 m²1,5 m²2 m²
De 70 à 120 m²2 m²2,5 m²
Plus de 120 m²2,5 m²3 m²

Les capteurs doivent être certifiés, tournés vers le nord, inclinés entre 10 ° et 40 °, et sans ombre portée.

Attention : Selon la fiche d’application officielle, des panneaux photovoltaïques (qui produisent de l’électricité) ne remplacent pas un chauffe-eau solaire.

Une dérogation est possible si votre terrain manque vraiment de soleil (relief, ombres importantes), avec l’attestation d’une entreprise spécialisée.

Limiter le bruit

Dans un climat où l’on vit fenêtres ouvertes, le bruit compte beaucoup. Les règles ne sont pas les mêmes selon votre projet :

  • pour une maison isolée, restent surtout le bruit de votre propre climatiseur et, si la maison est proche d’une route classée, l’isolation de la façade ;
  • pour des logements accolés (maisons jumelées, en bande) ou en immeuble, s’ajoutent les règles entre voisins : distances entre fenêtres et murs lourds.

Les règles principales :

  • entre deux logements, les fenêtres des pièces de vie doivent être éloignées d’au moins 1,50 m horizontalement et 1,20 m verticalement. Si elles se font face, la distance monte à 3,50 m ou 5 m selon la disposition des façades ;
  • les murs entre deux logements doivent être lourds : au moins 350 kg/m² pour un mur simple, ou deux murs de 200 kg/m² chacun ;
  • un climatiseur ne doit pas dépasser 35 dB(A) dans les pièces de vie et 50 dB(A) dans la cuisine du logement équipé ;
  • près d’une route très fréquentée (classée en catégorie 1, 2 ou 3), la façade doit être isolée contre le bruit. Le classement des routes est consultable en mairie et auprès de la DEAL.

Conseil : Dans une maison très ouverte, la végétation, un patio et des matériaux adaptés aident à limiter le bruit venu de l’extérieur.

Laisser circuler l’air : la ventilation naturelle

C’est le cœur de la RTAA DOM. Un courant d’air sur la peau fait baisser la température ressentie : c’est le principe de la ventilation naturelle. Pour qu’il existe, il faut des ouvertures assez grandes et bien placées.

Pour se rendre compte : Quand l’air est très humide, comme souvent à La Réunion, une pièce à 25 °C sans un souffle d’air donne la même sensation qu’une pièce à 30 °C traversée par une bonne brise (environ 1,5 m/s). C’est pourquoi la circulation de l’air est au cœur du confort.

Des fenêtres assez grandes dans chaque pièce de vie

Chaque pièce principale (séjour, chambres, bureau) doit avoir une surface d’ouverture minimale par rapport à la taille de son mur. C’est ce qu’on appelle le taux d’ouverture.

AltitudeSéjourChambres et autres pièces de vie
Moins de 400 m22 %18 %
De 400 à 600 m18 %14 %
Plus de 600 mpas d’exigencepas d’exigence

Comment le lire ? On prend le mur de la pièce qui porte le plus de fenêtres, vu de l’intérieur. Les fenêtres doivent laisser passer l’air sur au moins 18 % (par exemple) de la surface de ce mur.

Exemple : Une chambre sur le littoral a un mur de 2,85 m de large et 2,48 m de haut, soit environ 7 m². Il lui faut 18 % de ce mur, soit environ 1,27 m² d’ouverture libre, c’est-à-dire de passage réel pour l’air.

Toutes les fenêtres ne se valent pas

Une fenêtre ne laisse jamais passer l’air sur toute sa surface : le cadre et les vantaux prennent de la place. La réglementation donne donc un coefficient selon le type de fenêtre :

Type de fenêtrePart de la fenêtre qui laisse passer l’air
Fenêtre à battants (qui s’ouvre comme une porte)87 %
Jalousies, lames orientables87 %
Fenêtre à soufflet (qui bascule)70 %
Fenêtre coulissante à 2 vantaux44 %
Baie coulissante à galandage (qui disparaît dans le mur)100 %
Partie fixe (qui ne s’ouvre pas)0 %

Conséquence pratique : une fenêtre coulissante classique laisse passer à peu près deux fois moins d’air qu’une fenêtre à battants de même taille. Il faut donc la prévoir plus grande.

Note : Une moustiquaire ne réduit pas l’ouverture prise en compte. Vous pouvez en installer sans pénalité.

Une maison traversante

L’air doit pouvoir entrer d’un côté et ressortir de l’autre. La réglementation demande donc :

  • des ouvertures sur au moins deux façades orientées différemment ;
  • qu’aucune façade ne concentre plus de 70 % des ouvertures du logement.

Autrement dit, une immense baie vitrée côté jardin ne suffit pas : il faut aussi des ouvertures ailleurs.

Et la porte d’entrée ? Elle compte comme une ouverture si elle est protégée contre les intrusions : par une grille, ou parce qu’elle donne sur un jardin entièrement clôturé, de face comme sur les côtés. Un simple portillon bas ne suffit pas.

Coupe d'une maison traversante : l'air entre par une façade, traverse le séjour et ressort par la façade opposée

Conseil de conception : Si possible, orientez la maison pour que le vent dominant la traverse : des ouvertures sur la façade exposée au vent et sur la façade opposée. Selon un architecte réunionnais, les ouvertures du côté abrité gagnent à être un peu plus grandes que celles du côté du vent, pour que l’air ressorte facilement. À La Réunion, les alizés soufflent d’est-sud-est ; la côte ouest est sous le vent.

Des fenêtres qu’on ouvre vraiment

Sur le terrain, beaucoup de logements bien conçus restent chauds… parce que les fenêtres restent fermées. Quelques précautions dès les plans :

  • la sécurité : éloignez les fenêtres des passages ; la plupart des jalousies sont anti-intrusion, mais peu d’habitants le savent ;
  • l’intimité : vitrage dépoli en partie basse, panneaux persiennés coulissants, plutôt qu’un rideau qui bloque l’air ;
  • la pluie : des volets persiennés ou un auvent permettent de laisser ouvert pendant les averses ; sur la façade est, très exposée au vent et à la pluie, préférez des fenêtres qui restent ouvertes par mauvais temps ;
  • la manœuvre : des poignées accessibles, des fenêtres et des volets faciles à ouvrir ;
  • le mobilier : une fenêtre horizontale, avec un appui assez haut, laisse placer un meuble bas sans boucher l’ouverture.

Un vrai courant d’air dans chaque pièce

Idéalement, chaque pièce de vie a deux ouvertures d’au moins 0,5 m² sur des murs différents, assez éloignées l’une de l’autre pour que l’air traverse vraiment la pièce. On parle de balayage.

Si ce n’est pas possible (une chambre avec une seule fenêtre, par exemple), la pièce doit communiquer avec le reste du logement par une ouverture intérieure assez grande, comme une porte large :

Surface de la pièceOuverture intérieure minimaleRepère concret
Moins de 12 m²1,6 m²une porte de 83 cm de passage
De 12 à 25 m²1,8 m²une porte de 93 cm, ou une porte avec imposte
Plus de 25 m²2,2 m²une double porte ou un passage toute hauteur

Les brasseurs d’air (ventilateurs de plafond)

Il y a des jours sans vent. Les brasseurs d’air prennent alors le relais.

  • Chambre avec une seule ouverture sur l’extérieur : un ventilateur de plafond doit être installé.
  • Autres pièces de vie : il suffit de prévoir une attente électrique au plafond (alimentation et interrupteur), pour pouvoir en poser un plus tard.
  • Séjour de plus de 20 m² (cuisine ouverte comprise) : deux attentes.

Conseil : Il est recommandé de garder au moins 2,30 m entre le sol et les pales (2,20 m si le ventilateur a une protection).

Choisir un bon brasseur. Un modèle silencieux, au diamètre adapté à la pièce, avec un variateur de vitesse et un interrupteur séparé de l’éclairage. Placez-le au-dessus des endroits où l’on se tient (lit, canapé) : mal placé, son air ne se sent pas.

Et si l’on veut faire autrement ?

C’est possible : un bureau d’études peut prouver, par une simulation informatique ou un essai en soufflerie, que votre projet ventile au moins aussi bien qu’une maison conforme. Cette voie concerne uniquement la ventilation naturelle.

Renouveler l’air dans les pièces humides

Le renouvellement de l’air évacue l’humidité et les odeurs. La RTAA DOM préfère l’aération naturelle par les fenêtres à la ventilation mécanique (VMC).

PièceCe qui est demandé
CuisineUne fenêtre d’au moins 1 m², dont une partie (au moins 0,2 m²) placée à 1,90 m du sol ou plus. Une VMC ne la remplace pas.
Salle de bainsUne fenêtre d’au moins 0,30 m², ou une ventilation mécanique
WCUne fenêtre d’au moins 0,15 m², ou une ventilation mécanique

Les surfaces de fenêtres se mesurent en tableau, c’est-à-dire sur les dimensions du trou dans le mur.

Cuisine aérée par une grande fenêtre ouverte en partie haute, par laquelle s'échappent la vapeur et l'air chaud

Deux points pratiques :

  • les grilles d’aération fixes posées en façade ne suffisent pas à respecter la règle ;
  • si vous installez une VMC, laissez un jour sous les portes des pièces humides, pour que l’air circule depuis les autres pièces.

Cuisine ouverte sur le séjour. Elle doit avoir sa propre fenêtre. Les baies du séjour ne comptent pour la cuisine que si elles sont à moins de 3 m du robinet de l’évier.

Et les bouches d’aération dans les chambres ? Elles ne sont plus obligatoires depuis 2016, sauf si la pièce est climatisée ou exposée au bruit d’une route classée.

Vous construisez dans les Hauts (au-dessus de 600 m) ?

Dans les Hauts, il peut faire froid. Les règles changent :

  • plus d’exigence de ventilation (taux d’ouverture, brasseurs d’air) ;
  • à la place des règles de protection solaire du toit et des murs, une isolation est exigée contre les pertes de chaleur, et aucune exigence solaire ne vise les fenêtres ;
  • un chauffage doit être équipé d’un thermostat, sauf impossibilité technique ;
  • les fenêtres de toit sont autorisées ;
  • les surfaces de capteurs solaires sont un peu plus grandes (voir le tableau « Chauffer l’eau avec le soleil »).

Le jardin, un allié du confort (hors réglementation)

La RTAA DOM ne tient pas compte de la végétation : un arbre ne remplace pas un débord de toit pour respecter les règles. Mais pour votre confort, le jardin compte beaucoup.

Comparaison d'une maison entourée de pelouse et d'arbres, plus fraîche, et d'une maison entourée de béton qui chauffe
  • Les plantes rafraîchissent l’air autour de la maison. Selon le CAUE de La Réunion, une parcelle bien végétalisée peut apporter jusqu’à 4 °C de gain de confort.
  • Le béton et l’enrobé chauffent. Le CAUE relève au moins 10 degrés d’écart entre une surface minérale et une surface végétale exposées au soleil.
  • L’effet se mesure. Un architecte réunionnais a mesuré jusqu’à 5 à 6 °C d’écart entre la ville et l’intérieur d’un bâtiment, en combinant végétation, ombre et ventilation.
  • En pratique : préférez la pelouse, les massifs et les arbres d’ombrage aux grandes surfaces bétonnées autour de la maison, surtout devant les ouvertures par lesquelles entre l’air. C’est la logique du jardin créole, où les grands arbres d’ombrage (manguiers, flamboyants) sont plantés devant la case.

Choisir des plantes qui tiennent. Selon l’exposition et le terrain, privilégiez les plantes endémiques, et prévoyez un accès pour l’entretien. Autour de la maison, des sols clairs ou des pavés drainants plutôt que du béton sombre, sans aller jusqu’aux surfaces très réfléchissantes, qui éblouissent.

À retenir : La végétation s’ajoute aux protections exigées par la réglementation ; elle ne les remplace pas.

Et les cyclones ?

La RTAA DOM ne traite pas de la résistance aux cyclones. Un guide officiel du CSTB, publié en 2025 pour les maisons individuelles de La Réunion, en fixe les règles : solidité des murs, de la charpente, de la toiture, des fenêtres et des volets.

Les deux démarches se complètent :

  • de grandes ouvertures pour la ventilation sont compatibles avec une maison anticyclonique, à condition que la structure soit dimensionnée en conséquence ;
  • les volets à persienne gardent la ventilation, mais doivent être conçus pour résister aux débris projetés par le vent ;
  • un chauffe-eau solaire se fixe solidement à la charpente, loin des bords du toit ;
  • les casquettes et brise-soleil se fixent sur la structure de la maison, jamais sur le cadre des fenêtres, et doivent résister au vent cyclonique.

RTAA DOM : quiz des idées reçues

1. La RTAA, c’est pour les promoteurs, pas pour les particuliers.

Elle s’impose à tout logement neuf : maison ou immeuble, privé ou social, habité ou loué.

quand on fait construire sa maison, c’est le propriétaire, maître d’ouvrage, qui est responsable du respect de la RTAA, aidé par son architecte ou son constructeur.

2. Une petite extension soumise à simple déclaration préalable échappe à la RTAA.

Toute extension habitable d’un logement soumise à permis ou à déclaration préalable doit respecter la RTAA, quelle que soit sa surface.

un abri de jardin, un garage ou un local commercial indépendants de tout logement ne sont pas soumis aux exigences de la RTAA.

3. Les règles RTAA sont les mêmes partout à La Réunion.

Les exigences changent selon l’altitude de la parcelle, avec trois zones : moins de 400 m, de 400 à 600 m, plus de 600 m.

c’est l’altitude de la parcelle qui compte, pas la commune. Une même commune peut couvrir plusieurs zones.

4. Jusqu’à 600 m d’altitude, une chambre qui n’a qu’une ouverture sur l’extérieur doit avoir un brasseur d’air.

Un ventilateur de plafond fixe est obligatoire, quelle que soit la surface de la chambre.

avec deux ouvertures, une attente électrique suffit. Un ventilateur sur pied ne remplace pas le ventilateur de plafond exigé.

5. Une grande baie vitrée dans le séjour suffit à ventiler le logement

Il faut des ouvertures sur au moins deux façades orientées différemment, pour que l’air traverse le logement. Chaque pièce (séjour, chambres) a son propre minimum d’ouverture, et une façade ne peut pas concentrer plus de 70 % des ouvertures.

seule une étude en soufflerie ou une simulation 3D peut justifier une autre solution.

6. Toute cuisine doit avoir une fenêtre d’au moins 1 m² ouvrant sur l’extérieur

Ouverte sur le séjour ou fermée, la cuisine doit avoir sa fenêtre, et une VMC ne peut pas la remplacer.

0,2 m² au moins de cette fenêtre doit se trouver à 1,90 m ou plus du sol.

7. Un grand débord de toit protège toutes les fenêtres.

Placé trop haut, le débord laisse passer le soleil, qui atteint les fenêtres. Pour un débord de 1 m de profondeur, il faut rester à 10 cm au plus du haut de la fenêtre. Et même bien placé, il protège mal les baies vitrées exposées à l’est ou à l’ouest.

les débords sont plus efficaces au nord et au sud. À l’est et à l’ouest, où le soleil est bas, mieux vaut des lames ou des joues verticales.

8. Pour protéger une toiture du soleil, il faut forcément l’isoler.

Une sur-toiture ventilée peut suffire : en faisant de l’ombre au toit, elle peut dispenser d’isoler le plafond.

un toit de couleur claire ne suffit pas seul, mais il réduit l’épaisseur d’isolant nécessaire.

9. Pour la RTAA, un volet plein fermé protège la fenêtre du soleil.

Il protège du soleil, mais empêche l’air de circuler : la RTAA ne le prend pas en compte.

un volet à lames ou à persiennes, lui, compte. Il protège du soleil tout en laissant l’air circuler.

10. Des panneaux photovoltaïques peuvent remplacer un chauffe-eau solaire.

Depuis 2025, la RTAA accepte toute chaleur renouvelable, et le photovoltaïque est bien une énergie renouvelable. Mais l’électricité du réseau ne doit pas servir à chauffer l’eau. Or, dans une maison équipée de panneaux, le ballon électrique reste presque toujours branché sur le réseau, qui prend le relais dès que les panneaux ne suffisent plus.

un ballon d’eau chaude alimenté à 100 % par des panneaux photovoltaïques hors réseau (système autonome) répond techniquement à l’objectif écologique, mais aucun texte réglementaire de la RTAA DOM ne valide officiellement cette solution à ce jour.

11. Les arbres du jardin protègent la maison au sens de la RTAA.

Leur ombre est agréable, mais la RTAA ne la prend pas en compte dans le calcul de la protection solaire.

selon le CAUE de La Réunion, la végétation peut apporter jusqu’à 4 °C de fraîcheur.

Votre liste de vérification avant le permis de construire

  • J’ai vérifié l’altitude exacte de mon terrain.
  • Chaque pièce de vie a assez d’ouvertures, en tenant compte du type de fenêtre.
  • Mon logement est traversant : ouvertures sur au moins deux façades, aucune ne dépassant 70 %.
  • Les chambres sont bien ventilées : deux ouvertures, ou une porte assez large vers le reste du logement.
  • Les brasseurs d’air et les attentes électriques sont prévus.
  • Le toit est protégé du soleil (couleur claire, isolant ou sur-toiture ventilée).
  • Les fenêtres sont protégées du soleil selon leur orientation.
  • Les protections solaires sont proches du haut des fenêtres et fixées à la structure de la maison.
  • Les fenêtres pourront rester ouvertes malgré la pluie, le bruit et le vis-à-vis.
  • La cuisine a une fenêtre d’au moins 1 m², dont une partie en hauteur.
  • Le chauffe-eau couvre au moins la moitié des besoins par une énergie renouvelable.
  • En logement mitoyen, les distances entre fenêtres et l’épaisseur des murs sont respectées.
  • Les abords de la maison sont plantés plutôt que bétonnés (conseil de confort, hors réglementation).

Questions fréquentes

La RTAA DOM est-elle obligatoire pour ma maison ?

Oui, pour toute maison neuve dont le permis de construire a été demandé à partir du 1er mai 2010. Elle s’applique aussi aux particuliers, et c’est le propriétaire qui en est responsable.

Ma maison a été construite avant 2010 : suis-je concerné ?

Non, pas pour la partie existante. En revanche, si vous faites une extension qui demande un permis de construire ou une déclaration préalable, la nouvelle partie doit respecter la RTAA DOM.

Comment savoir quelles règles s’appliquent à mon terrain ?

Tout dépend de l’altitude de votre terrain : moins de 400 m, entre 400 et 600 m, ou plus de 600 m. Vérifiez l’altitude exacte de votre parcelle, pas celle de votre commune.

Dois-je installer un ventilateur de plafond dans toutes les pièces ?

Non. Il est obligatoire seulement dans une chambre qui n’a qu’une ouverture sur l’extérieur. Dans les autres pièces de vie, il suffit de prévoir l’électricité au plafond pour pouvoir en poser un plus tard.

Une fenêtre coulissante compte-t-elle autant qu’une fenêtre à battants ?

Non. Une fenêtre coulissante à deux vantaux laisse passer environ deux fois moins d’air qu’une fenêtre à battants de même taille. Il faut donc la prévoir plus grande.

Est-ce que je peux mettre des moustiquaires ?

Oui. Une moustiquaire n’est pas considérée comme une gêne pour la circulation de l’air : vos fenêtres restent conformes.

Une hotte ou une VMC peut-elle remplacer la fenêtre de la cuisine ?

Non. La cuisine doit toujours avoir une fenêtre d’au moins 1 m², dont une partie placée en hauteur. Une hotte qui rejette l’air dehors peut compléter l’aération, mais pas remplacer la fenêtre.

Faut-il une VMC dans la salle de bains et les WC ?

Seulement si la pièce n’a pas de fenêtre assez grande : au moins 0,30 m² pour la salle de bains et 0,15 m² pour les WC. Avec une fenêtre suffisante, la VMC est permise mais pas obligatoire.

Le chauffe-eau solaire est-il obligatoire ?

Au moins la moitié de l’eau chaude de chaque logement doit être produite par une énergie renouvelable. Depuis 2025, ce n’est plus forcément le soleil, mais le chauffe-eau solaire reste la solution la plus courante.

Des panneaux photovoltaïques suffisent-ils pour l’eau chaude ?

Non, selon la fiche officielle d’application : produire de l’électricité ne compte pas comme un chauffe-eau solaire. Pour les projets récents, faites confirmer ce point par un professionnel.

Puis-je installer une fenêtre de toit (type velux) ?

Seulement si votre terrain est au-dessus de 600 m d’altitude. En dessous, les fenêtres dans le plan du toit sont interdites, car elles font entrer trop de chaleur.

Les arbres de mon jardin comptent-ils comme protection contre le soleil ?

Non. Leur ombre rend la maison plus agréable, mais la réglementation ne la prend pas en compte. Il faut des protections fixées à la maison : débord de toit, casquette, lames.

Un débord de toit suffit-il à protéger mes fenêtres ?

Seulement s’il est assez proche du haut des fenêtres. Pour être pris en compte simplement, il ne doit pas être plus haut au-dessus de la fenêtre que le dixième de sa profondeur. Un débord placé bien plus haut ombre le haut du mur, mais pas les vitres : il faut alors ajouter un bandeau vertical ou des stores extérieurs.

Les jalousies sont-elles sûres ?

La plupart des jalousies sont anti-intrusion, selon les retours d’expérience de l’Agence Qualité Construction et du CAUE de La Réunion. Elles permettent de laisser l’air circuler en sécurité. Sur une façade très exposée à la pluie, comme la façade est, d’autres fenêtres peuvent être préférables.

Comment choisir un brasseur d’air ?

Choisissez un modèle de qualité, silencieux, au diamètre adapté à la pièce, avec un variateur de vitesse et une commande séparée de l’éclairage. Placez-le au-dessus des endroits où l’on se tient, à au moins 2,30 m du sol sous les pales (recommandation).

Je compte climatiser ma maison : la RTAA s’applique-t-elle quand même ?

Oui. La climatisation ne dispense pas des règles : les protections des fenêtres contre le soleil sont les mêmes, et une pièce climatisée doit en plus avoir des entrées d’air.

Quelle toiture choisir pour avoir frais ?

Une toiture de couleur claire : environ 70 % de la chaleur entre par le toit. Une tôle claire ou moyenne avec 6 cm de laine minérale en dessous respecte la RTAA sans calcul ; une sur-toiture ventilée est une autre solution.

Faut-il isoler les murs ?

Pas obligatoirement sous 600 m d’altitude : la règle limite la chaleur qui traverse le mur, ce que l’ombre et une couleur claire permettent aussi d’obtenir. Un architecte réunionnais déconseille même d’isoler les murs sur le littoral, car cela empêche la maison de se rafraîchir la nuit. Au-dessus de 600 m, en revanche, l’isolation est exigée.

À qui demander conseil pour mon projet ?

Le CAUE de La Réunion propose une consultation gratuite avec un architecte-conseiller. Pour une question sur l’application des règles, vous pouvez écrire à la DEAL Réunion.

Pour aller plus loin

Note : Ce guide décrit la RTAA DOM dans sa version de 2016, toujours en vigueur à la date de rédaction. Le code de la construction a été réécrit en 2025 et de nouveaux textes d’application sont annoncés : avant de déposer votre permis, faites vérifier votre projet par un professionnel (architecte, maître d’œuvre ou bureau d’études), qui reste votre meilleur allié pour concilier confort, budget et réglementation.

RTAA DOM à la Réunion : l’essentiel pour bien construire